jeudi 23 février 2012

Libération explosive de l'âme de Lordius chez ELP

Max Peine dit : Avant, j’avais une vie rangée. Jusqu’au matin où je me suis réveillé avec le cadavre de ma femme à mes côtés. Alors, mon cœur s’est fermé à la morale et à la compassion. J’avais cru malin de plaider la folie, pensant que qu’on se fait plus facilement la belle en hôpital psychiatrique qu’en taule. J’ai rapidement déchanté. Je devais à la fois retrouver la liberté physique, la santé mentale et la compassion. Mais trois objectifs, c’était trop ambitieux. On ne peut pas gagner sur tous les tableaux… J’ai dû mettre la morale de côté pour survivre, et trancher dans le vif. Trancher dans le vif… Tel un ressort compressé à mort par l’univers carcéral, ma tension et mon âme allaient se libérer… à mort.

Avec Max Peine se confirme l’énoncé selon lequel la liberté n’est rien sans la libération. Et quand elle explose, c’est encore plus fort.

Qu’on se le tienne pour dit, Max Peine n’est pas héros pour les enfants. Il tire son origine de Max Payne, du nom du célèbre jeu vidéo développé en 2001 par la société finlandaise Remedy et commercialisé par Rockstars Games pour les consoles Xbox, Playstation2 et GameBoy Advance. Toutefois, contrairement au protagoniste de ce jeu vidéo, Max Peine n’est pas un flic, mais un ex-garde du corps dont la vie a dérapé après qu’il ait liquidé sa femme dans des circonstances obscures. Emprisonné dans un établissement carcéral, puis interné dans un hôpital psychiatrique, il s’échappe pour retrouver une liberté dont il a bien du mal à profiter.

Tous les ouvrages d’ÉLP éditeur sont également en vente sur Amazon.fr, Apple Store et Kobobooks.

mardi 14 février 2012

Sonnet de la Saint-Valentin de Richard Monette


Richard Monette a aimablement proposé de déposer quelques vers sur ce blog pour la Saint-Valentin, c'est avec plaisir que je lui cède l'espace.


Te percevoir t’enfouir aux folles phalanges
Chablis renversé d’ivresse et d’abris
Enserrée d’osmose sucrée de sang pressé
De rythmes où s’emmêlent sonores poumons
T’englober parle la peau parlent les paumes
Et que tu bouges bouleversée d’arbre de bouche
Déracinée du réel foudroyée de rhizomes
Ouverte aux ondes de têtes d’aveux de corps

Ô lèvres en liesses que délivrent les heures lisses
L’immixtion d’amarres en la vie qui jouit femme
L’acte élancé troublant blême jusqu’au repos des âmes

vendredi 10 février 2012

Petite soeur des technoparcs

 
Contrast transfer function. Source : Wikimedia Commons



















Comme le premier couteau
Comme le premier feu
Je viendrai tirer la fureur qui t’habite

Des poussières s’entassent sur les rêves que tu mets en œuvre, chaque matin, avant de te pousser, encore une fois, vers la sortie.

Les milliers d’heures passées à ramper dans ton laboratoire ne te font jamais rien gagner. Le monde tourne et s’affaisse, jusqu’à ce que ton univers se résolve à des allées tracées au cordeau. Jusqu’à ce que nos trajectoires se coupent.

Je ferai de toi une torchère
Je ferai de toi une pulsion de meurtre
Je ferai de toi le fiel de nos nuits glacées
Petite chose fragile
Dans les yeux de qui pourtant
Feulent des dragons éthérés
Irréductibles

Je connais bien la transe des déglingués du système
Je connais plutôt bien les trottoirs-caveaux de cette ville
Qui dépasse toutes nos espérances
En termes d’anesthésie locale
Et de divertissement avilissant
Je connais bien les regards codés entre les deals
Les mots qu’il ne faut surtout pas dire
Les tunnels entre lesquels se tapissent quelques impasses bien senties

Tu ne m’appelles jamais, pour ne pas avoir à entendre ta propre voix me supplier de tirer quelque chose d’humain de toi. Mais je sais que tu attends.

Je suis programmé pour sentir. Il y a tellement de choses que tu ignores sur toi-même. Comme ce léger désespoir qui t’étreint quand je raccroche en te refusant un créneau.
Trop de taf.
Comme ce vertige qui te plombe au cuir de ma caisse, quand je t’évade de ton labo, en me pointant aux heures où je sais qu’il ne demeure de toi qu’un reste.

Comment aborder ces nuits ? Elles sont tiennes, pour autant que je sois leur pilote. Rares, assez pour te tenir. Elles sont colorées et brumeuses, comme le cristal soufflé qui entre tes mains tangue. Elles sont silencieuses, quand tu t’effondres sous la menace de me faire une confidence, une seule.

Des trans à qui tu plais te font la cour sur les velours cramoisis des bouges où je t’emmène : ta distance soignée d’ingénieur maquillant ton incompétence sociale les excite. Ils te frôlent de leurs serres vernies et chargées de joyaux. Leurs sourires de nacre, acérés, te protègent du deuxième cercle, plus turbulent, des jeunes garçons qui me servent de faire-valoir. Les trans ne laissent pénétrer les curieux qu’au prix d’un moment de grâce, sous une forme ou sous une autre. Les plus avides sont prêts à payer de leur personne pour flairer la créature qui m’accompagne. Une créature diurne. Mon antithèse. Présentée comme telle. Puis nous fuyons.

Un autre genre de labo nous attend, les fois où, étourdi, j’oublie de me ravitailler en suffisance. De ces petits génies de la chimie récréative, je ne suis ni le client, ni l’obligé. Je suis celui qui protège, celui qu’on paie, à qui on ne refuse et rien et devant qui on ferme sa gueule. De tels silences se savourent. Toi, tu ne t’autorises jamais aucun écart : tes maîtres, attentifs à leur investissement, mesurent, tous les quinze jours, tes tentatives de t’amuser. Une urine irréprochable est condition à ton salaire. Seul l’alcool trouve grâce à leurs yeux, encore faut-il n’avoir pas dérapé la veille sur un flacon.

J’aime ce regard troublé qui me dévore timidement, quand tu te laisses aller à devenir l’unique témoin de mes défonces. J’ignore toujours lequel de nous deux apprécie le plus cet instant d’abandon bien tempéré.

Un peu plus tard, des jeux s’enchaînent sur les vagues territoires de mes petites affaires. Tu côtoies les silhouettes de mes nervis, découpées par lumières des rares halogènes qui les tolèrent. Ils sont organisés comme les chiens, en meute. Ils sont faciles à dompter. Ils craignent la main qui les affame. Mais ils savent mordre. Tu ne les gênes pas. Ils apprécient ton silence trempé d’ignorance de leur biotope, de leurs codes, de leurs cavales. Quelque somptueux mystère alimente ton titre de techno-spécialiste barbare. Une sourde intimidation nourrit ton lignage, qui se confond avec le mien. Aussi longtemps que tu viendras flâner en mon préau, aucune chance qu’ils viennent te tirer ta corde à sauter, petite.

Tu connais ainsi les fruits des ramures souterraines que j’habite. Ils ont l’écorce lisse et durcie des grenades urbaines, acides, rongés de pépins d’acier, gorgés du sang des disqualifiés. Tu connais aussi bien que moi maintenant, les longues virées dans les voitures qu’on me prête, jamais les mêmes, mais toujours luxueuses, pour bien se démarquer des asphaltes en dèche que nous arpentons sans cesse, à n’importe quelle heure de la nuit. Je t’emmène partout où je vais, t’ouvre toutes les portes de mon versatile palais, te laisse voir tout ce qu’il y a à voir, entendre tout ce qu’il y a à entendre. Je suis à nu, même si tu l’ignores. Contrairement à ce que tu imagines, je n’ai pas de secret pour toi.

Les rares hommes en qui j’ai toute confiance me mettent en garde contre toi, contre ta génétique du jour, contre ton innocence morcelée qui, selon eux, sont des menaces. Ce qu’ils ignorent, c’est que c’est moi que ton innocence morcelle.

Des jours entiers à repousser l’échéance
Des nuits vides
Des temps morts qui se succèdent
Je n’ai pas la réputation d’être patient

L’ombre la plus opaque masque l’imminence jour, qui nous voit rôder, une dernière fois, vers tes froids quartiers par lesquels tu me forces à transiter. Le temps de te déposer chez toi, saine et sauve, après avoir vagabondé sur les aires les plus déroutantes, les plus hasardeuses, les plus nocives à ta nature sibylline. Tu me salues d’un geste fatigué et vaguement nerveux, toujours le même, toujours insuffisant.

J’attendrai le jour, cette fois, pour venir te cueillir à ton arbre assiégé par son enclos biométrique. J’irai charmer son tronc pour le vider de son essence et le laisser pour mort. Plus de sophistiqué labeur pour t’engloutir, plus de titre abscons auquel d’agripper, plus de colloques ineptes, plus d’articles suintant le désespoir solitaire et l’onanisme du chercheur. Une épine dorsale en moins, tu auras certainement quelque rancœur, quelque haine déchaînée à mon égard. Tu auras même peut-être quelque geste déplacé, violent, mais bien vivant. De ce geste, je saurai quoi faire. Je le prendrai comme un cadeau. Le tout premier d’une longue série.

mercredi 25 janvier 2012

Invisibles et tenaces : un témoignage d'Allan E Berger



Quand j'ai découvert les premiers tableaux d'Invisibles et tenaces sur le blog d'Allan E Berger j'ai tout de suite contacté Allan : "Hey, est-ce que je peux diffuser tes chroniques sur fb?" Impossible de ne pas vouloir partager ces bijoux-témoignages, tout droit sortis des poubelles, littéralement, de nos jolis open spaces rutilants.

D'autres auront une bien meilleure plume que moi pour éclairer la trame idéologique et politique qui dessine les motifs d'une révolte couvant sous les lignes, à commencer par Paul Laurendeau dans son entretien avec l'auteur que je recommande ici.

Mais de quoi parles-tu donc? On comprend rien.
Mais de ceci :

" Les invisibles sont les gens qui nettoient. Rares sont les humains qui leur adressent la parole. Depuis que moi-même je suis devenu un membre de la confrérie, je fais l’expérience étrange de souhaiter le bonjour à des bipèdes qui ne me répondent seulement pas, et dont le regard me coule dessus comme si j’étais un fantôme. Passant l’aspirateur dans un bureau, j’avise un employé arrivé très tôt, qui lit un journal de la veille en sirotant son tout premier café ; mon salut ne lui fera même pas lever les yeux. Déroulant un tuyau d’arrosage dans la cave d’un immeuble de banlieue, je reçois l’accolade cordiale du préposé au nettoyage des poubelles. Remontant à la surface, je croise dans l’entrée de l’immeuble un occupant matinal encombré de croissants ; les bandes réfléchissantes de mon costume signalent à son attention qu’il n’y a ici personne avec qui devoir être poli. C’est ainsi : les concierges, les gardiens, les hommes et les femmes de ménage nous détectent et nous apostrophent sans difficulté, mais les autres civils ont tendance à vouloir nous éviter. Tout comme les clochards et les ivrognes, nous sommes désagréables à considérer.
Pour avoir vécu pendant des années de l’autre côté de la paroi de verre, je pense que cette froideur est principalement la résultante de deux émotions très puissantes qui sont le désarroi et la timidité. Car le mépris est plutôt rare : je ne l’ai ressenti qu’une seule fois, lorsque j’ai nettement réalisé que j’avais sali de ma parole la personne que je venais de saluer. "

Treize textes. Treize tableaux comme autant de portes sur un univers méprisé et pourtant indispensable. Treize récits ouvragés sur les ouvriers de la pureté, qu'une logique bien huilée tient confinés aux horaires crépusculaires et aux cagibis sociaux. Toute la brutalité d'un monde dans treize tableaux brodés de perles qui dessinent, avec amour, des caractères, des individus, des personnes qui méritent autant que n'importe qui qu'on les écoute et qu'on leur parle.

C'est sur un mode subtile, acéré, sans concession, drôle, auto-critique, mais également plein de sincérité et sans bon sentiment, qu'Allan E Berger a choisi de raconter ses journées d'écrivain en immersion dans le monde des nettoyeurs, mettant au service des ignorés treize mémorables pièces, dorées à la feuille, et qui leur sont dédiées.

Les chroniques ont été regroupées et viennent de sortir chez ELP éditeur, disponible uniquement en numérique, chez Immatériel.

Vers la page d'Allan E Berger sur ÉLP éditeur: http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#berger
site http://www.elpediteur.com/
mag http://www.ecouterlirepenser.com/
blog http://elpediteur.wordpress.com/









mercredi 18 janvier 2012

Dead 1970, 1968 (Larry Clark – série Tulsa)

Vers la photo

Quand déferas-tu ton lit, à nouveau, étrange archange croisé au détour d’un insoupçonné hasard ? Des dimanches radieux et froids s’entremettent pour nous. Sur les moirures du lac, la lumière frise, glaciale, pour mieux m’enterrer dans ton miroir.  

Un échec entre les doigts serrés, tu te laisses rêver, dans un geste inutile et fier.
Sous la brisure de la capture qui te fige, danse l’hésitation de tes yeux de fer.
L’armure des draps, sous ta peau nue, écume les vibrations de ton corps vivant, encore vivant.

Toute cette fureur facétieuse, dans un être irréel, à demi déguisé en jeune homme bien sous tous rapports et prêt à en découdre. Isolée, l’impression présage de soubresauts livides ou de grands moments calmes et silencieux.

Personne ne sait ce que tu vois, qui tu regardes, s’ils sont nombreux ou absents.
Mais tous tes spectateurs imaginent être à ta place, dans cette errance de regard, entre la perte et l’abandon. Le mien entre en dévoration, se détruit, explose et meurt, terrassé, comme j’imagine, la lentille qui t’a capturé.

Ta prison d’acétate échoue à domestiquer les ravages qui emplissent soudain l’espace de la maison de maître qui t’abrite auprès du lac, comme un secret oublié, loin de Tulsa. Et les murs vénérables s’abolissent, détruisant au passage les précieux clichés des autres preneurs d’otages, bien accrochés à leurs cimaises qui s’effondrent, tendrement.

Car il faut bien un désert consacré à ton étude, pour arrimer enfin une pensée aux champs de bataille que tu sèmes nonchalamment. Pour donner corps au tempo désordonné qui s’invite entre nous il n’y a qu’un mot : enragé.

Il n’y a pas d’instant magique pour cette rencontre, il n’y a que l’écho qui brise ma lumière, dans les heures stupides à feuilleter des pages au hasard. Il n’y a pas de révélation, il n’y a qu’un reflet flou qui accroche mon regard comme un harpon.

Il n’y a pas de stupeur. Il n’y a qu’un coup, un seul.



samedi 14 janvier 2012

La nuit de tous les maux est sorti cette semaine

ÉLP éditeur, la maison d’édition francophone à vocation transatlantique 100% numérique, publie son 18e titre : La nuit de tous les maux d’Anne Guélikos.

La nuit de tous les maux est un roman mythologique qui nous expose les premiers actes du théâtre cosmogonique tels que l’ont imaginé les anciens Grecs. Il raconte la période de temps qui va depuis l’époque où les hommes, asexués, immortels et innocents, ne vivaient pas vraiment, se contentant d’exister, jusqu’à celui où, devenus mortels, soumis aux maux et aux passions, ils purent survivre en étant hommes et femmes. Entre ces deux états, Prométhée et son fils Deucalion agirent, contre la volonté de l’Olympe pour le premier, en ignorant presque tout des dieux pour le second. Dans La nuit de tous les maux, vous lirez le Déluge, vous observerez Héphaïstos en sa gentillesse, vous découvrirez les conséquences tragiques de l’amour de Prométhée pour la race humaine, vous prendrez connaissance du rôle incroyable de Pandore, que l’on réduit trop souvent à n’être qu’une nunuche esthétique munie d’une boîte. Vous serez également témoin des échanges secrets de Zeus et Héra, le divin couple suprême, cherchant à tout prix à imposer leur supériorité et à punir les dissidents. Vous verrez aussi les humains nouer leurs premières amitiés, subir la haine de leurs ennemis, qui les mèneront au bord de l’extinction, et résoudre l’épineux problème du vieillissement constant et irrévocable de la population.

Voilà ce que raconte La nuit de tous les maux : la montée de l’humanité, sa chute et sa survie dans un monde appartenant à de puissantes divinités. Un récit peuplé d’êtres immortels, de géants, de dieux, de déesses et de centaures, raconté tout simplement, afin que le plus profane des profanes n’y perde pas son latin. Nous trouvons que les enfants pourraient lire ce texte avec profit, car il est clair et net. Vous ne vous ennuierez pas. Anne Guélikos, très au fait de toutes ces histoires et passionnée de mythologie grecque depuis l’enfance, se charge ici de vous les transmettre.

Anne Guélikos est née et a vécu toute sa vie dans un petit village de la région de Lanaudière, au Québec, où il ne se passe jamais rien, pour son plus grand bonheur. La solitude et la tranquillité lui conviennent parfaitement puisqu’il y a suffisamment d’action en elle. Pour s’occuper, elle écrit de la mythologie grecque telle qu’elle se joue dans sa tête. Il y a un écran géant derrière son front et elle écrit ce qu’elle y voit, un remake de tout ce que les vieux auteurs lui ont raconté, de la riche diversité des personnalités, des émotions et des situations qu’ils lui ont offerte sur un plateau d’argent.
Lien vers la fiche d’auteur d’Anne Guélikos sur ÉLP éditeur : http://www.elpediteur.com/auteurs/a_guelikos.htm
Lien vers la librairie Immatériel où vous pouvez vous procurer cet ouvrage au prix de 4,99 euros:
http://librairie.immateriel.fr/fr/ebook/9782923916460/la-nuit-de-tous-les-maux
Les ouvrages d’ÉLP éditeur sont également en vente sur Amazon.fr, Kobobooks, Feedsbooks et, bien entendu, Apple Store.

samedi 7 janvier 2012

Trajectoire























Hasard errant dans canon d’acier
Il fait soleil
Au-delà des portes ouvragées
Que vous soudoyez en douce 

Un regard invisible
Mais filé comme le cristal
Dessine une ligne parfaite
Entre vous deux 

Dans l’agonie du matin
Les passantes à échasses
Ne ressentiront que le souffle
De vos soleils de cuivre 

A travers vos ultimes démarches
Se devinent des batailles achevées
Entre horreur et respect
Sous l’auvent de la folie 

Vos silences effilés rejoignent le caniveau
Tandis que vous marchez en file indienne
D’un bout à l’autre d’un monde
Qui n’est plus qu’éblouissement 

Des filets acides se fraient un chemin en vous
Comme pour accélérer la cadence
Sans issue et sans voix
Devant l’ultime rempart 

Quand vos ennemis vous font face
Et qu’ils se mettent à rire
Il n’y a plus qu’à tirer
Pensez-vous